Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/382

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tant plus que Vronskï ne lui avait jamais inspiré de sympathie ; elle l’avait toujours trouvé orgueilleux sans rien remarquer en lui, sauf la fortune, dont il pût s’enorgueillir. Mais, malgré tout, il était chez lui et lui en imposait encore davantage, aussi ne pouvait-elle être à l’aise avec lui. Elle se sentait humiliée devant lui, comme devant la femme de chambre à cause de sa camisole. Devant la femme de chambre, ce n’était pas absolument de la honte qu’elle avait éprouvée à cause de la camisole rapiécée, de même devant lui, elle n’était pas honteuse mais plutôt gênée.

Dolly confuse cherchait un sujet de conversation. Connaissant son orgueil, elle n’osait guère lui faire de compliments sur la beauté de sa demeure et de son jardin ; néanmoins, faute de mieux, elle risqua quelques paroles d’admiration sur le manoir.

— Oui, c’est une belle construction, d’un beau style, dit-il.

— Ce qui m’a plu beaucoup, c’est la cour d’honneur. Était-elle toujours ainsi ?

— Oh ! non ! Si vous l’aviez vue au printemps ! dit-il, et son visage s’éclaira de plaisir ; et peu à peu, il fit remarquer à Dolly les divers embellissements de la maison et du jardin.

Vronskï avait évidemment consacré beaucoup de travail à l’amélioration et à l’embellissement de sa propriété ; et il sentait le besoin de les faire admi-