Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/430

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à son devoir et justifierait la haute confiance du souverain.

Quand le gouverneur eut achevé son discours, il quitta la salle, et les gentilshommes, avec beaucoup de bruit et d’animation, d’enthousiasme même, le suivirent et l’entourèrent pendant qu’il mettait sa pelisse et causait amicalement avec le maréchal de la noblesse de la province.

Lévine, qui voulait tout entendre et ne rien omettre, se tenait dans la foule et il entendit ces paroles du gouverneur : « Dites, je vous prie, à Marie Ivanovna, que ma femme regrette beaucoup, qu’elle doit se rendre à l’asile. » Et tous les gentilshommes endossant gaîment leurs pelisses se rendirent à la cathédrale.

Là, Lévine et tous les autres répétèrent les paroles prononcées par le prêtre et firent le serment le plus solennel d’agir selon les espérances du gouverneur. Le service religieux impressionnait toujours Lévine, et quand prononçant les paroles : Je baise la croix… il vit cette foule d’hommes, jeunes et vieux, répétant la même formule, il éprouva une certaine émotion.

Le lendemain et le surlendemain eurent lieu des discussions relatives aux capitaux des gentilshommes et aux lycées de jeunes filles, ce qui, au dire de Serge Ivanovitch, était de peu d’importance, et Lévine, occupé par des démarches personnelles, ne les suivit pas attentivement. Le quatrième jour