Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/447

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un coin où ils pourraient causer sans être entendus.

— Comment osent-ils dire que j’ai ordonné de lui voler son pantalon ? Il l’a laissé au cabaret, je pense ; je m’en moque de son titre de prince. Qu’il n’aille pas répéter de pareilles choses ! C’est de la canaillerie !

— Mais, permettez ! Ils se basent sur l’article de la loi, disait-on dans un autre groupe : la femme doit être inscrite comme femme de gentilhomme.

— Au diable votre article ! Je parle à cœur ouvert ! C’est pourquoi nous sommes des gentilshommes. Il faut avoir confiance…

— Votre Excellence, allons prendre un verre de fine champagne…

Un autre groupe suivait un gentilhomme qui criait quelque chose à haute voix. C’était un des trois ivrognes.

— J’ai toujours conseillé à Marie Séménovna d’affermer ses terres, sans quoi elle n’en retirera rien, disait d’une voix agréable un propriétaire à moustaches blanches en vieil uniforme de général de l’état major.

C’était ce même propriétaire que Lévine avait rencontré chez Sviajski. Il le reconnut aussitôt. Leurs regards se rencontrèrent et ils se saluèrent.

— Enchanté de vous revoir ! Certes je me rappelle vous avoir rencontré l’année dernière chez Nicolas Ivanovitch, dit le vieillard.