Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/134

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n’est pas accidentellement qu’il est employé ici, et il faut en bien comprendre la signification.

Jésus dit : C’est vrai, je serai toujours au pouvoir de la chair, toujours elle déclarera ses exigences, mais, outre la voix de la chair, je connais la voix de Dieu, indépendante d’elle. C’est pourquoi, dans ces tentations au désert ainsi que dans toute la vie, la voix de la chair et la voix de Dieu seront toujours en opposition, et il me faudra par force, comme un ouvrier qui attend son salaire, travailler tantôt pour l’un tantôt pour l’autre. Deux voix m’appelleront et exigeront le travail pour l’un ou pour l’autre, et dans ces cas contraires, je ferai un effort pour Dieu. De lui seul j’attendrai le salaire (la récompense). Autrement dit, dans les cas de lutte je choisirai toujours l’effort pour Dieu.

Et l’esprit remporte la victoire sur la chair, et Jésus trouve cet esprit qui doit le purifier pour que vienne le royaume du ciel. Pénétré de cet esprit, Jésus quitte le désert.

Si l’on donne aux mots Dieu et vie le sens qu’ils ont dans l’introduction, les paroles de Jésus-Christ deviennent encore plus claires.

Au premier discours du diable sur le pain, Jésus répond : Ce n’est pas de pain, mais par l’entendement que l’homme vivra.

Quand le diable lui demande de se jeter du toit, il répond : je ne puis pas douter de l’entendement, il est toujours avec moi. Il me donne la vie et la vie