Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/157

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malheureux et à ceux qui ont le cœur brisé. Pour annoncer la liberté aux captifs, aux aveugles la lumière, et à ceux qui souffrent, le salut et le repos. Pour annoncer à tous le moment du salut de la grâce de Dieu. Il replia le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous attendaient ce qu’il allait dire. Et il dit : Maintenant cela est réalisé devant vos yeux ; Dieu est dans le monde. Le royaume de Dieu est arrivé, et tous les malheureux, tous ceux qui ont le cœur brisé, et les captifs, les aveugles, les souffrants, tous reçoivent le salut.

Plusieurs s’étonnaient de la bonté de sa parole. D’autres disaient : Mais c’est un charpentier ; le fils d’un charpentier ; sa mère se nomme Marie ; et ses frères, Jacques, Simon, Jude et Josué. Nous les connaissons tous, ils sont pauvres comme nous. Et Jésus leur dit : Parce que je dis : Non, il n’y a plus de malheureux, plus d’affligés, et que mon père, ma mère et mes frères sont pauvres, vous pensez sans doute que je mens, ou que je dois les rendre tous heureux. Si vous pensez cela, alors vous ne comprenez pas ce que je dis. C’est ainsi qu’on ne comprend jamais le prophète en son pays.

Et Jésus alla à Capernaüm. Là, le jour du sabbat il entra dans l’Assemblée et se mit à prophétiser. Et tout le peuple s’étonna de sa doctrine, parce que sa doctrine était tout autre que celle des scribes. Les scribes enseignaient la loi à laquelle tous devaient obéir, et Jésus disait que tous les hommes sont libres.