Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/161

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quand le but fut non de comprendre le sens de la doctrine du Christ mais d’unir des choses incompatibles entre elles, alors que pouvait-on faire sinon tergiverser, et n’user que de paroles vagues, incohérentes, pompeuses, comme l’Épître de Paul aux Hébreux, et tout ce galimatias du même genre que les Pères de l’Église et les Théologiens propagèrent pendant dix-huit siècles. Imaginons-nous que des hommes ayant reconnu la véracité absolue de deux œuvres, jusqu’à la dernière ligne, se proposent de les réunir, par exemple le premier tome du recueil des lois et les œuvres de Proudhon. Mais il serait plus facile de réunir ces deux ouvrages que d’associer la Bible à l’Évangile. En effet, il n’existe entre eux aucun lien.

Dans l’Évangile, non seulement il est interdit de tuer quelqu’un, mais même de se mettre en colère contre quelqu’un. Dans la Bible, tuer, toujours tuer, tuer femmes, enfants, animaux.

Dans l’Évangile, la richesse est un mal ; dans la Bible, c’est le bonheur et la récompense suprêmes. Dans l’Évangile, la pureté corporelle : n’aie qu’une femme ; dans la Bible, prends autant de femmes qu’il te plaît.

Dans l’Évangile, tous les hommes sont frères ; dans la Bible tous sont des ennemis, seuls les Juifs sont frères. Dans l’Évangile aucune adoration extérieure de Dieu, dans la Bible, la plupart des livres définissent les détails du culte extérieur de Dieu.