Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/230

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nouilla aux pieds de Jésus, lui arrosa les pieds de ses larmes, les essuya avec ses cheveux et les oignit de parfums. Le Pharisien, voyant cela, pensa : « Il ne doit pas être prophète, car s’il était vraiment prophète, il saurait quelle est cette femme qui lui lave ainsi les pieds ; il saurait que c’est une débauchée et ne lui permettrait pas de le toucher. »

Jésus devina sa pensée, et se tournant vers lui, lui dit : — Veux-tu, Simon, que je te dise ma pensée ?

— Parle, répondit Simon.

Et Jésus dit :

« Deux hommes étaient débiteurs d’un maître. L’un devait 500 deniers, l’autre 50. Ni l’un ni l’autre ne pouvaient payer. Le maître les tint quittes tous les deux. Et bien, selon toi, lequel de ces deux hommes aimera le plus le maître et le soignera ? »

Simon répondit :

« Naturellement celui qui devait le plus. »

Alors Jésus, montrant la femme, dit :

« C’est comme toi et cette femme. Tu te considères comme devant peu, et elle comme devant beaucoup. Je suis venu dans la maison, tu ne m’as pas donné d’eau pour me laver les pieds ; elle lave mes pieds avec ses larmes et les essuie avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé, et elle embrasse mes pieds. Tu ne m’as pas donné d’huile pour oindre ma tête, et elle répand sur mes pieds des