Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/249

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quel peut être le royaume de Dieu sans le Dieu des Juifs, qui était adoré dans le temple. Il ne le comprend pas, et seul, dans la nuit, il vient trouver Jésus et lui demande :

« Comment se fait-il que tu parles du royaume de Dieu alors que tu nies tout rapport envers Dieu ? »

Ce sens découle de ce qui précède — la destruction du temple ; et de ce qui suit — la réponse de Jésus. Jésus répond quel est son Dieu et ce qu’il entend par « le royaume de Dieu». Il est évident que si les paroles sur le Dieu des Juifs, qui lient le discours de Nicodème à celui de Jésus, ont été jamais prononcées, elles ont dû être supprimées ou dénaturées par les copistes qui croyaient au Dieu des juifs. Mais même sans ces paroles la logique de l’entretien est évidente si on le comprend comme tout ce qui précède.

La doctrine de Jésus Christ s’exprime en cela qu’il propage le royaume de Dieu et, en même temps, nie toute exécution de la loi et du culte au Dieu extérieur.

Le pensée de Nicodème est celle-ci : Tu propages le royaume de Dieu et tu nies le Dieu des Juifs : quel est donc ton royaume de Dieu, et quel est ton Dieu ? Et dès les premiers mots, Jésus répond à Nicodème qu’il est dit que le royaume de Dieu existe toujours, qu’il est en nous (Luc, xvii, 21), qu’on ne peut point ne pas le voir ; que l’homme