Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/285

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1o Qu’est-ce qui, pour Dieu, est mal ?

2o Qu’est-ce qui, pour l’homme, est mal ?

La réponse à la première question est celle-ci : que pour Dieu — le fils de l’homme, le mal n’existe pas. Il est le Dieu de la vie et du bonheur, et ne connaît pas le mal. Puisqu’il est le Dieu de la vie et du bonheur, pour lui le mal n’existe pas, il ne peut donc désirer le détruire. Le désir de la destruction du mal, c’est le mal, et il ne peut exister que chez les hommes et non en lui.

La conclusion de la deuxième pensée, qui n’est exprimée ici que d’un seul côté, sera développée plus loin, dans la doctrine de la non-résistance au mal.

Le fils de l’homme donne la vie, et il ne connaît que la vie de l’entendement. C’est pourquoi, chaque homme, s’il transporte sa vie dans le fils, dans l’esprit, ne peut connaître le mal, et, par conséquent, ne peut résister au mal.

La seconde pensée est la réponse à la question : Qu’est-ce donc, ce que nous, les hommes, nous appelons le mal ? Ce que nous appelons le mal, c’est le libre éloignement du monde, déchéance à propos de laquelle il est dit dans l’entretien avec Nicodème : Il y a que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes se sont éloignés d’elle.