Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/360

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c’est jurer par leur créateur. Jurer en mentant c’est offenser la sainteté du serment même.

Ni par le ciel. Le ciel c’est le lieu de la présence particulière de Dieu. C’est pourquoi on dit qu’il est le trône de Dieu. Jurer par le ciel c’est donc la même chose que de jurer par celui qui est sur le trône du ciel, c’est-à-dire par Dieu lui-même.

Ni par la terre. La terre c’est le support des pieds de Dieu. Jurer de la terre c’est donc jurer de Dieu lui-même.

Ni par Jérusalem. Jérusalem, la ville du grand roi, c’est-à-dire de Dieu, qui est le roi véritable de toute la terre, et par conséquent du royaume des Juifs dont la ville principale était Jérusalem où était le temple unique au monde où l’on pouvait célébrer le service au Dieu-roi.

Ni par ta tête. Le serment par la tête était très fréquent ; c’était comme chez nous ces jurons de toutes sortes dont use le peuple. Jurer par sa tête signifiait jurer par sa vie, c’est-à-dire je donne ma vie, ou que la vie me soit ôtée si je mens, si je ne dis pas la vérité. Dieu est le créateur de la vie, il est dans son pouvoir d’ôter la vie ou de la laisser. Donc celui qui jure par sa vie, jure par ce qui ne lui appartient pas mais appartient à Dieu ; il jure par Dieu.

Pas un seul cheveu. Votre pouvoir sur le changement de la vie est si petit que vous ne pouvez même changer la couleur d’un cheveu. Il ne faut donc pas jurer sur ce qui n’est pas à vous.

Oui, oui ; non, non. Cela ne signifie point que le chrétien doive toujours employer au lieu du serment précisément ces mots. Cela signifie seulement qu’il doit affirmer simplement et clairement la vérité ou nier le mensonge ; dire la vérité ou ne pas dire de mensonge.

En interdisant de jurer. Jésus-Christ, évidemment, n’entend pas ici le serment légal, nécessaire dans la vie sociale et privée, le serment au nom de Dieu.