Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/362

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suis réconcilié de cœur, et les paroles de Jésus ne signifient rien.

La deuxième règle dit : Ne commets pas l’adultère ; et, comme conséquence : celui qui se sépare de sa femme a déjà commis l’adultère lui-même, et rend adultère sa femme et celui qui l’épousera.

L’Église a compris que Jésus indique ce qu’il faut regarder comme légitime et illégitime ; et elle bénit le divorce.

Pour la troisième règle, on fait la même chose, mais d’une façon plus étonnante encore. La troisième règle est formulée si brièvement, si clairement qu’il semble qu’il ne saurait être question de l’interpréter, sauf les versets inutiles sur les paroles par lesquelles il ne faut pas jurer.

Dans la troisième règle, Jésus dit seulement : Les anciens disaient : prête serment, et moi je vous dis : Ne jure point, ni par Dieu, ni par ta tête, parce que tout est dans le pouvoir de Dieu, ta tête aussi ; c’est pourquoi, dis : oui, oui, non, non, car tout ce que l’on peut dire en plus de ces paroles est le mal. Il est impossible de n’en pas comprendre le sens. Si l’Église ment, elle en sait le pourquoi. Elle sait que la société et elle-même reposent sur le serment. C’est pourquoi elle est obligée de mentir. Je parle précisément de ce même serment que l’Église veut justifier.

La vraie signification de ces paroles est dans les paroles mêmes. Il est dit : Ne jure point. Le lien