Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/381

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l’homme méchant, ne vous défendez pas du tout. Il t’a frappé une joue, donne l’autre. Il veut que tu travailles pour lui, fais pour lui le double. Il veut remprunter, ne le fuis pas, mais donne, et si tu donnes ne lui demande pas de te rendre. Il veut te condamner, t’ôter la chemise, donne même l’habit. »

Christ s’arrête aux détails et énumère les cas dans lesquels un méchant peut offenser un non méchant. Et pour chaque cas, il dit clairement ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire : Il faut donner tout et ne pas avoir recours à la justice humaine, au tribunal, et ne pas participer au tribunal.

Le but de la loi c’est de faire que personne n’attente ni à la liberté ni à la vie d’un autre. C’est pourquoi la loi ne peut porter atteinte ni à la vie ni à la liberté. Il ne peut exister une loi : Ne tue pas, et une loi : tue-le.

Ce précepte découle naturellement du premier : « Ne te mets pas en colère et réconcilie-toi avec ton frère. » Son sens principal est exclusivement la négation du jugement humain affirmé par la loi fausse.

Jésus dit : Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; mais pardonnez, pardonnez à tous. Pardonnez et l’on vous pardonnera. Si vous jugez on vous jugera aussi et le mal n’aura jamais de fin.

Pour ce précepte, comme pour les autres, Jésus, l’ayant exposé, l’explique dans ses deux sens : intérieur, pour chacun ; extérieur, pour tous.