Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/425

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


préceptes, ainsi que dans celui de faire à autrui ce que l’on veut qu’autrui nous fasse, est toute la loi et les prophètes.

Tels sont les gens maintenant, telle est l’organisation actuelle, tels ils étaient alors. Ce que maintenant les hommes disent et pensent de cette doctrine, les hommes le dirent et le pensèrent. Maintenant ils disent comme on disait alors : « Mais si l’on ne résiste pas au mal, si l’on donne tout ce qu’on vous prend, alors le sens de notre vie disparaît. Il n’y a plus ni État, ni propriété, ni famille. J’ai travaillé, amassé, économisé pour moi, pour ma famille, pour mon peuple, et n’importe quel individu méchant viendra m’arracher ce que j’ai, et je dois le laisser faire. Il viendra un Allemand, ou un Français, ou un Turc, il prendra ce que j’ai amassé et je dois me soumettre ? »

À cela Jésus-Christ répond directement. Il ne parle ni de la famille, ni de la société, ni de l’État. Il ne parle que de cette seule chose qui fait l’objet de sa doctrine, de cette seule chose qui est la lumière des hommes, de l’essence divine de l’homme et de son âme. Mais il répond directement à la question naturelle : qu’adviendra-t-il du fruit de mes travaux, des trésors, des richesses que j’amasse ?

Il dit : « L’homme, dans la vie, peut acquérir deux richesses : l’une, l’esprit en Dieu ; l’autre, ce qu’on appelle la richesse. Cette dernière périra, vous le