Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/426

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


savez, aujourd’hui, demain, dans cent ans ; elle périra et il n’en restera rien. La richesse en Dieu, la vie de l’esprit, seule ne périt pas et n’est pas sujette aux transformations terrestres. Amasse celle qui ne périt pas. Si ce que tu désires, ce à quoi tu aspires, la richesse que tu amasses, est un mal, quelle sera donc ta vie dirigée toute au mal. Si les yeux voient bien ils conduiront le corps où il se portera bien ; mais si tes yeux sont aveugles, ils mèneront ton corps dans le mal. Tes désirs, tes aspirations, ce sont tes yeux qui te mènent. Qu’adviendra-t-il de toi si tes désirs sont tournés vers le mal ?

« C’est pourquoi : il est impossible de travailler en même temps pour Mammon, c’est-à-dire la richesse périssable, et pour Dieu, c’est-à-dire l’esprit qui ne périt pas.

« L’amour de la richesse est une tromperie. Il suffit d’y réfléchir pour le comprendre. Poùrquoi existe-t-il ? Nous avons l’habitude de dire : comment ne prendrais-je pas soin de ma nourriture. Mais qui est-ce qui veut manger ? L’âme, la vie ? D’où vient-elle donc ! Ce n’est pas du pain qu’elle est parue, elle est née avant, et c’est après que nous la nourrissons avec le pain. D’où donc vient-elle ? De Dieu. Alors c’est Dieu qui a créé la vie et le pain. Et qu’est-ce qui est le plus précieux pour Dieu, de la vie ou du pain ? Assurément la vie. Alors c’est de la vie, celle qui vient de Dieu, qu’il faut se