Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/444

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garde au lucre. La vie de l’homme ne consiste pas en ce qu’il possède, elle est de Dieu. De sorte que si même l’homme prenait pour lui tout l’univers, son âme n’en aurait point de profit. Celui donc qui perdrait sa vie pour accaparer le plus de biens possible commettrait une sottise.

« C’est pourquoi ne prenez point souci de ce que vous mangerez et boirez, ni de ce avec quoi vous vous vêtirez. La vie est plus précieuse que l’habit et la nourriture, et Dieu vous l’a donnée. Regardez les créatures de Dieu, les oiseaux. Ils ne sèment pas, ne moissonnent pas, n’amassent point, et Dieu les nourrit. Or, devant Dieu l’homme n’est pas pire que l’oiseau. Si Dieu a donné la vie à l’homme il saura le nourrir. Vous savez vous-mêmes que vous aurez beau faire des démarches, travailler, vous ne pourrez rien pour vous. Vous ne pourrez même allonger votre vie d’une heure.

« Et ne prends pas souci de l’habit, les fleurs des champs ne travaillent pas, ne tissent pas, et elles sont ornées si splendidement que Salomon n’eut jamais pareilles parures. Quoi ! Si Dieu a orné ainsi l’herbe, qui pousse aujourd’hui et sera coupée demain, comment donc vous vêtira-t-il ?

« N’ayez point de soucis ; ne dites pas qu’il faut penser à la nourriture du lendemain, au vêtement. Cela est nécessaire pour tous les hommes, et Dieu connaît ce besoin.

« Ne vous souciez donc point de ce qu’il advien-