Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pourquoi elle dit : « Mais nous avons vu sa gloire, une gloire telle qu’est celle du fils unique », comprenant par le mot gloire, pas tout à fait gloire mais quelque autre chose. Souvent l’Église emploie le mot gloire dans le sens de doctrine, de croyance, comme par exemple dans l’expression : Ὀρθὴ δόξα, (orthodoxe). Je mets doctrine au lieu de gloire, comme plus exact, mais je suis prêt à laisser le mot gloire si on lui attribue le sens de croyance. La signification μονογενήςmonogène, de même espèce est confirmée par la version de ce passage dans Origène. Là il est dit : ἀληθῶς μονογενής ὡς παρὰ πατρός, c’est-à-dire, véritablement né tel que le Père. Παρὰ πατρός n’est que l’explication de ce que signifie — μονογενής tout à fait pareil, comme du Père.

Χάρις est traduit par les mots gratia, grâce, Gnade. Les deux premiers — gratia et grâce — signifient le charme. Mais, bien que traduits ainsi, ces mots ne sont pas compris dans le sens qu’ils ont reçu ultérieurement. De même le mot Gnade qui signifie la grâce, n’est pas compris dans ce sens mais dans un autre qui lui fut donné après. Il en va de même avec le mot russe blagodat (grâce) qui signifie le don gracieux ; il est entendu non dans le sens de don gracieux, mais dans le sens qui lui fut attribué postérieurement.

Mais si l’on attribue au mot Χάρις le sens de grâce, comme l’entend l’Église, le verset 8, où il