Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/213

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tent leur imagination et leur donnent un caractère d’exagération tout à fait contraire à la simplicité chrétienne. Lisons les Apôtres et l’Évangile. Ne cherchons pas à pénétrer ce que ceux-là renferment de mystérieux, car, comment oserions-nous, misérables pécheurs que nous sommes, prétendre à nous initier dans les secrets terribles et sacrés de la Providence, tant que nous portons cette dépouille charnelle qui élève entre nous et l’Éternel un voile impénétrable ? Donnons-nous donc à étudier les principes sublimes que notre divin Sauveur nous a laissés pour notre conduite ici-bas ; cherchons à nous y conformer et à les suivre, persuadons-nous que moins nous donnons d’essor à notre faible esprit humain et plus il est agréable à Dieu qui rejette toute science ne venant pas de Lui ; que moins nous cherchons à approfondir ce qu’il Lui a plu de dérober à notre connaissance, et plus tôt Il nous en accordera la découverte par son divin esprit.

» Mon père ne m’a pas parlé du prétendant, mais il m’a dit seulement qu’il a reçu une lettre et attendait une visite du prince Basile. Pour ce qui est du projet de mariage qui me regarde, je vous dirai, chère et excellente amie, que le mariage, selon moi, est une institution divine à laquelle il faut se conformer. Quelque pénible que cela soit pour moi, si le Tout-Puissant m’impose jamais les devoirs d’épouse et de mère, je tâcherai de les rem-