Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/216

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XXIII

Le vieux valet de chambre était assis sur sa chaise et écoutait le ronflement du prince. Dans le grand cabinet, dans l’aile la plus reculée de la maison, à travers les portes fermées on entendait, répétés pour la vingtième fois, les passages difficiles de la sonate de Dussek.

À ce moment une voiture et une britchka s’arrêtèrent près du perron et de la voiture sortit le prince André qui fit descendre sa petite femme et la fit passer devant. Tikhone, en perruque grise, en se montrant à la porte de l’office, annonça en chuchotant que le prince dormait et, à la hâte, il ferma la porte. Tikhone savait que ni l’arrivée du fils, ni aucun événement, même le plus extraordinaire, ne devait troubler l’habitude quotidienne. Le prince André le savait sans doute aussi bien que Tikhone, il regarda sa montre, comme pour contrôler si les habitudes de son père n’étaient pas