Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/238

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— Quoi, mon amie ?

— Non, promets-moi que tu ne refuseras pas ; ça ne te coûtera aucune peine, rien d’indigne de toi, et ce sera pour moi une consolation. Promets, Andrucha — dit-elle en plongeant la main dans son réticule et y prenant quelque chose, mais sans montrer encore ce qu’elle tenait, et qui était le sujet de la demande, comme si, avant la promesse obtenue, elle ne pouvait tirer ce quelque chose du réticule. Elle posait sur son frère un regard timide, suppliant.

— Si même il me fallait pour cela un grand effort ? — répondit le prince André, comme devinant de quoi il s’agissait.

— Pense ce que tu veux, mais fais-le pour moi. Fais, je t’en prie ! Le père de notre père, notre grand-père, le porta dans toutes ses campagnes… — Elle ne sortait pas encore du réticule ce qu’elle y tenait, — alors, tu me le promets ?

— Sans doute. De quoi s’agit-il ?

— André, je te bénis par cette petite image, et promets-moi de ne jamais la quitter. Tu me le promets ?

— Si elle ne pèse pas deux pouds et ne me tire pas le cou… pour te faire plaisir… — dit le prince André. Mais s’apercevant, à cette plaisanterie, de l’expression émue de sa sœur, il en eut regret. — Je suis très heureux, vraiment très heureux, mon amie — ajouta-t-il.