Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/293

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Mais non…

— Vous êtes toujours comme ça : vous jetez quelque part, et vous oubliez. Regardez dans vos poches.

— Non, si je n’avais pas pensé au trésor, mais je me rappelle très bien que je l’ai mise ici, — dit Rostov.

Lavrouchka défit tout le lit, regarda en dessous, fouilla toute la chambre et s’arrêta au milieu de la pièce. Denissov suivait en silence les mouvements de Lavrouchka, et quand celui-ci écarta les mains en disant que la bourse n’était nulle part, il regarda fixement Rostov.

— Rostov, tu ne plais…

Rostov sentant sur lui le regard de Denissov, leva les yeux mais aussitôt les baissa. Tout son sang, qui avait afflué à sa gorge, lui monta au visage, il ne pouvait plus respirer.

— Dans la chambre, personne n’est venu sauf vous-même et le lieutenant, elle doit donc être ici quelque part, — dit Lavrouchka.

— Eh toi, poupée du diable ! ’emue-toi plus vite et che’che, — cria tout à coup Denissov, qui s’empourprant, se jeta avec un geste menaçant sur le valet. — Que la bou’se se t’ouve, aut’ement je fouette’ai à mo’t ! Je vous fouette’ai tous…

Rostov, regardant de haut en bas Denissov, boutonna son dolman, prit son sabre et son képi.

— Je te dis que la bou’se doit se ’et’ouver, —