Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/323

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seulement ses yeux brillaient plus qu’à l’ordinaire.

— Eh quoi ? — dit-il à Denissov, — ça n’ira pas jusqu’à la bataille. — Tu verras, nous retournerons.

— Le diable sait ce qu’ils font, — grommela Denissov. — Eh ! ’ostov ! — cria-t-il au jeune homme en remarquant son visage gai. — Te voilà enfin ! Et il sourit d’un air d’approbation, heureux évidemment pour le junker. Rostov se sentait tout à fait heureux. À ce moment, un chef se montra sur le pont, Denissov galopa vers lui.

— Excellence, pe’mettez de les attaquer. Je les ’enve’se’ai.

— Quelle attaque ? — fit le chef d’une voix ennuyée en fronçant les sourcils comme pour se débarrasser d’une mouche agaçante. — Pourquoi êtes-vous ici ? Vous voyez, les éclaireurs se retirent. Ramenez l’escadron.

L’escadron traversa le pont et s’éloigna hors des coups sans perdre un seul homme. Après lui, passa aussi un deuxième escadron qui était dans la ligne, et les derniers Cosaques débarrassèrent cette rive.

Deux escadrons du régiment de Pavlograd traversèrent le pont l’un après l’autre allant à la montagne. Le colonel Karl Bogdanitch Schubert s’approcha de l’escadron de Denissov et marcha au pas, non loin de Rostov, sans faire aucune atten-