Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/328

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Rostov ne se rendit pas compte de ce que signifiait la demande du brancard ; il courait en tâchant seulement d’être le premier. Mais, près du pont même, faisant un faux pas, il tomba sur les mains, dans la boue piétinée et collante. Les autres le devancèrent.

— Des deux côtés, lieutenant, — disait la voix du colonel. Toujours à cheval, il allait en avant et s’arrêtait non loin du pont avec un visage triomphant et joyeux.

Rostov, en essuyant ses mains sales sur son pantalon, regarda son ennemi et voulut courir plus loin, s’imaginant que plus il irait, mieux ce serait. Mais bien que Bogdanitch ne l’eût ni regardé, ni reconnu, il lui cria avec colère :

— Qui court au milieu du pont ? À droite, junker, en arrière ! Et il s’adressa à Denissov qui, plein d’un courage audacieux, paraissait à cheval sur les planches du pont.

— Pourquoi cette imprudence, capitaine ? Vous feriez mieux de descendre.

— Bah ! on t’ouve’a toujou’s le coupable ! — répondit Vaska Denissov en se tournant sur sa selle.




Pendant ce temps, Nesvitzkï, Jerkov et l’officier de la suite étaient ensemble debout, en dehors des coups, et regardaient ce petit amas d’hommes en