Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/330

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même recevoir un ruban. Notre Bogdanitch sait bien s’arranger.

— Ah ! fit l’officier de la suite, — c’est la mitraille. Il montrait les canons français qu’on ôtait des avant-trains et qu’on avançait hâtivement. Du côté des Français, où étaient les canons, une fumée se montra, et, presqu’en même temps, une deuxième, une troisième, et pendant qu’arrivait le son du premier coup, s’élevait la quatrième fumée ; puis deux coups se firent entendre l’un après l’autre, ensuite le troisième.

— Oh ! oh ! cria Nesvitzkï, comme s’il eût éprouvé une douleur aiguë, en saisissant par le bras l’officier de la suite. — Regardez, voici le premier qui tombe. Regardez.

— En voici un deuxième, je crois ?

— Si j’étais roi, je ne ferais jamais la guerre, — dit Nesvitzkï en se détournant.

Les canons français, de nouveau, se chargeaient hâtivement ; l’infanterie en capotes bleues s’avançait sur le pont en courant, la fumée se montrait de nouveau à divers endroits et la mitraille éclatait et craquait sur le pont. Mais cette fois, Nesvitzkï ne pouvait voir ce qui se faisait sur le pont. Une fumée épaisse le couvrait. Les hussards avaient réussi à enflammer le pont et les batteries françaises tiraient sur eux, non pour les en empêcher, mais parce que les canons étaient montés et qu’elles ne savaient sur quoi tirer. Les Français réus-