Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/356

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dépêche du 28 novembre. Voila comment tout cela finira.

Il abandonna la main de Bolkonskï, donnant ainsi à comprendre qu’il avait maintenant tout dit.

Demosthènes, je te reconnais au caillou que tu as caché dans ta bouche d’or ! — dit Bilibine dont la chevelure s’agitait de plaisir.

Tous riaient. Hippolyte riait le plus fort. On voyait qu’il suffoquait, mais il ne pouvait se retenir d’un rire sauvage qui seyait à son visage toujours immobile.

— Voilà, messieurs, — dit Bilibine, — Bolkonskï est mon hôte, et ici, à Brünn, je veux le régaler de toutes les distractions possibles de la vie locale. À Vienne ce serait plus facile, mais ici, dans ce vilain trou morave, c’est plus difficile et je vous demande aide à tous. Il faut lui faire les honneurs de Brunn. Vous prenez sur vous le théâtre et la société, et vous, Hippolyte, bien entendu, les femmes.

— Il faut lui montrer Amélie, c’est un charme ! fit un des nôtres en baisant le bout de ses doigts.

— En général, — dit Bilibine, — il faut ramener ce soldat sanguinaire à des opinions plus humaines.

— Je ne sais pas si je profiterai de votre hospitalité, messieurs, mais maintenant il est temps pour moi de partir — dit Bolkonskï en regardant sa montre.