Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/96

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sin qui partait à l’armée, avec une adoration si passionnée, que son sourire, par instants, ne pouvait tromper personne, et il était visible que la petite chatte ne s’était assise que pour sauter encore plus fort et jouer avec son cousin aussitôt que, comme Boris et Natacha, ils sortiraient du salon.

— Oui, ma chère, dit le vieux comte en s’adressant à la visiteuse et en montrant son fils Nicolas. Voilà ! son ami Boris est promu officier et, par amitié, il ne veut pas se séparer de lui. Il quitte l’Université, il me laisse seul, moi, un vieillard, et rentre au service militaire, ma chère. Et sa nomination dans la direction des archives était déjà prête, et tout. Voilà l’amitié ? — fit le comte, interrogativement.

— Mais on dit que la guerre est déclarée, dit la visiteuse.

— Oui, on dit cela depuis longtemps, répondit le comte, on parle, on parle, et puis on laisse comme ça. Ma chère, voilà l’amitié, répéta-t-il. Il entre aux hussards.

La visiteuse, ne sachant que dire, hochait la tête.

— Pas du tout par amitié ! exclama Nicolas en s’enflammant et se défendant, comme s’il se fût agi d’une calomnie honteuse proférée contre lui. Ce n’est pas du tout l’amitié, mais tout simplement, je me sens de la vocation pour le service militaire.

Il se tourna vers sa cousine et vers la fille de la