Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/97

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visiteuse ; toutes deux le regardaient avec un sourire d’approbation.

— Aujourd’hui dîne chez nous Schubert, le commandant du régiment des hussards de Pavlograd. Il était en congé ici et il l’emmène avec lui. Que faire ! fit le comte en levant les épaules et parlant d’un ton dégagé de cette affaire qui lui causait un vrai chagrin.

— Je vous ai dit, papa, répliqua le fils, que si vous ne vouliez pas me laisser, je resterais. Mais je sais que je ne suis bon à rien hors le service militaire. Je ne suis ni diplomate, ni fonctionnaire. Je ne peux pas cacher mes pensées, ajouta-t-il, tout en regardant, avec la coquetterie des beaux jeunes gens, Sonia et la belle demoiselle.

La petite chatte, enfonçant en lui ses regards, semblait prête, à chaque seconde, à jouer et à montrer sa nature féline.

— Eh bien, c’est bon ! fit le vieux comte. Il s’enflamme toujours. Ce Bonaparte tourne la tête à tout le monde, tous pensent être comme lui : de sous-lieutenant, devenir Empereur. Que Dieu fasse… ajoute-t-il, sans remarquer le sourire railleur de la visiteuse.

Les grandes personnes se mirent à parler de Bonaparte. Julie, la fille de la princesse Karaguine, s’adressa au jeune Rostov.

— C’est bien dommage que vous ne soyez pas venu jeudi chez les Arkharov. Je me suis ennuyée