Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/287

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gris qui était assis près de nous au café. C’était un espion ! Es war ein Spion… « Suivez-moi », dit l’espion. « Bien », répondis-je… Je pris mes bottes, und Pantalon, je mis mes bretelles et marchai dans la chambre. Quelque chose bouillonnait dans mon cœur. Je me dis — c’est un lâche ! et je m’approchai du mur où était accrochée mon épée, je la saisis brusquement et dis : « Tu es un espion, défends-toi ! » Du bist ein Spion, vertheidige dich ! » Ich gab ein Hieb à droite, ein Hieb à gauche et uncoup sur la tête. L’espion est tombé !

» J’attrapai ma valise, l’argent, et sautai par la fenêtre. Ich nahm meinen Mantelsack und Beutel und sprang zum Fenster hinaus. Ich kam nach Ems, là-bas, j’ai fait connaissance du général Sazine. Il m’aima, me procura un passeport chez l’ambassadeur et me prit avec lui en Russie pour instruire ses enfants. Quand le général Sazine mourut, votre maman m’appela chez elle. Elle me dit : « Karl Ivanovicth ! Je vous confie mes enfants, aimez-les et je ne vous abandonnerai jamais, j’assurerai le repos de votre vieillesse. » Maintenant elle n’est plus et tout est oublié. Pour mes vingt années de dévouement, je dois maintenant, à mon âge avancé, errer dans la rue pour chercher un morceau de pain dur. Dieu voit et connaît cela, c’est sa sainte volonté, c’est pour vous, mes enfants, que j’ai peine ! » conclut Karl Ivanovitch, en m’attirant par la main et me baisant au front.