Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/290

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à la parcourir. La leçon était longue et difficile, je ne la savais pas du tout et vis que je ne réussirais jamais à en retenir le moindre mot, d’autant plus que je me trouvais dans cet état d’énervement pendant lequel l’attention refuse de s’arrêter sur n’importe quel sujet.

À la dernière leçon d’histoire, qui m’a toujours semblé la science la plus ennuyeuse et la plus difficile, Lebediev s’était plaint de moi à Saint-Jérôme et dans le cahier de notes m’avait marqué deux, ce qui était considéré comme très mauvais. Saint-Jérôme me dit alors que si, à la leçon suivante, j’obtenais moins de trois, je serais sévèrement puni. Et voilà, maintenant, c’était cette leçon suivante et j’avoue franchement que j’avais très peur.

J’étais si absorbé à parcourir une leçon inconnue pour moi, que je fus frappé soudain d’un bruit de galoches qu’on ôte, venant de l’antichambre. À peine avais-je le temps de me retourner, que j’apercevais dans la porte, le visage grêlé, répugnant pour moi, trop connu et désagréable du maître, dans son frac bleu aux boutons de l’université.

Le maître posa lentement son chapeau sur la fenêtre, les cahiers sur la table, releva des deux mains les pans de son habit (comme si c’était très nécessaire) et avec un soupir, s’assit à sa place.

— Eh bien, messieurs, — fit-il en frottant l’une contre l’autre ses mains en sueur, — récapitu-