Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/62

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l’on dit : Wo kommen sie her ? [1] et où l’autre répond : Ich komme vom Kaffee-Hause [2], je ne pus retenir davantage mes larmes, et des sanglots m’empêchèrent de dire : Haben sie die Zeitung nicht gelesen ? [3] Et quand la leçon arriva à l’écriture, mes larmes, en tombant sur le papier, produisaient de tels pâtés, que j’avais l’air d’avoir écrit avec de l’eau sur du papier d’emballage.

Karl Ivanovitch se fâcha, il me mit à genoux – prétendant que c’était de l’entêtement, une comédie de marionnettes (c’était son expression favorite) – me menaça avec sa règle, et exigea que je demandasse pardon, alors que je ne pouvais prononcer un seul mot à cause des larmes. À la fin, sentant probablement son injustice, il s’en alla dans la chambre de Nikolaï et claqua la porte.

De la classe, nous entendîmes une conversation dans la chambre du diatka.

— As-tu entendu dire, Nikolaï, que les enfants s’en vont à Moscou ? — dit Karl Ivanovitch en entrant dans la chambre.

— Certes, je l’ai entendu.

Nikolaï voulait probablement se lever, puisque Karl Ivanovitch lui dit : « Reste assis, Nikolaï ! » – C’est la-dessus qu’il ferma la porte. Je quittai mon coin et j’allai écouter à la porte.

  1. D’où venez-vous ?
  2. Je viens du café.
  3. N’avez-vous pas lu le journal ?