Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/164

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pardonnerai ; mais pour le moment je ne lui donnerai rien, et à sa première incartade je le remettrai entre les mains du préfet.

Jules accepta ces conditions et recouvra sa liberté. Il prit l’engagement de se marier et de s’amender mais sans aucune intention de faire l’un et l’autre. Sa vie dans la maison devint un enfer. Le père ne lui adressait pas la parole, il querellait sa femme à cause de lui, et celle-ci ne faisait que pleurer.

Le lendemain sa mère lui remit secrètement les pierres précieuses qu’elle avait dérobées à son mari.

— Les voici, dit-elle, prends-les et vends-les, mais pas dans cette ville, et dispose à ton gré de l’argent que tu en tireras. Je ferai de mon mieux pour qu’on ne s’aperçoive pas de leur disparition, mais si le vol est découvert, j’en accuserai un de nos esclaves.

Ces paroles troublèrent l’âme de Jules. Il fut épouvanté de ce qu’elle avait fait, et, sans prendre les pierres précieuses, il quitta précipitamment la maison.

Pourquoi partait-il ? Où allait-il ? Il l’ignorait. Il sortit de la ville et marcha longtemps, cherchant la solitude pour méditer sur son passé et réfléchir à l’avenir. Il allait toujours en avant, laissant la ville derrière lui ; et il arriva dans un bois consacré à la déesse Diane. Ayant trouvé là un endroit écarté, il se mit à réfléchir. Sa première