Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/149

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CHAPITRE V


Tout Moscou assistait au mariage. Dans cette foule de femmes parées et d’hommes en cravates blanches ou en uniformes, on chuchotait discrètement, les hommes surtout, car les femmes étaient absorbées par leurs observations sur les mille détails, pleins d’intérêt pour elles, de cette cérémonie.

Un petit groupe d’intimes entourait la mariée, et dans le nombre se trouvaient ses deux sœurs : Dolly et la belle madame Lwof arrivée de l’étranger.

« Pourquoi Mary est-elle en lilas à un mariage ? c’est presque du deuil, disait Mme Korsunsky.

— Avec son teint, c’est seyant, répondit la Drubetzky. Mais pourquoi ont-ils choisi le soir pour la cérémonie ? cela sent le marchand.

— C’est plus joli. Moi aussi, je me suis mariée le soir, dit la Korsunsky soupirant et se rappelant combien elle était belle ce jour-là et combien son mari était ridiculement amoureux ! Tout cela était bien changé !

— On prétend que ceux qui ont été garçons d’honneur plus de dix fois dans leur vie, ne se marient pas ; j’ai voulu m’assurer de cette façon contre le mariage, mais la place était prise », dit le comte Seniavine à la jeune princesse Tcharsky, qui avait des vues sur lui.

Celle-ci ne répondit que par un sourire. Elle regardait Kitty et pensait à ce qu’elle ferait quand,