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CHAPITRE PREMIER

LA DOCTRINE DE LA NON-RÉSISTANCE AU MAL PAR LA VIOLENCE A ÉTÉ PROFESSÉE PAR LA MINORITÉ DES HOMMES DEPUIS L’ORIGINE DU CHRISTIANISME.

Les premiers commentaires auxquels mon livre a donné lieu m’ont été adressés par les quakers américains. En m’exprimant leur parfaite conformité de vue au sujet de l’illégitimité, pour le chrétien, de toute guerre et de toute violence, les quakers m’ont communiqué d’intéressants détails sur leur secte, qui, depuis plus de deux cents ans, pratique la doctrine du Christ, relativement à la non-résistance au mal par la violence. Ils m’adressaient en même temps leurs journaux, brochures et livres traitant de cette question, indiscutable pour eux depuis nombre d’années déjà, et démontrant la fausseté de la doctrine de l’église, qui admet les exécutions et la guerre.

Après avoir prouvé, par toute une série de raisonnements, appuyés sur des textes, que la religion, basée sur la concorde et l’amour du prochain, ne saurait admettre la guerre, c’est-à-dire la mutilation et le meurtre, les quakers affirment que rien ne contribue autant à obscurcir la vérité du Christ et à l’empêcher de se répandre dans le monde que la non-reconnaissance de ce principe par des hommes qui se disent chrétiens.

« La doctrine du Christ, disent-ils, qui est entrée dans la conscience des hommes, non par le glaive et la violence, mais par la non-résistance au mal, par la résigna-