Page:Touchatout - Le Trombinoscope, Volume 1, 1871.djvu/190

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arrêté, des cas de difformité repoussants, au lieu de les conserver chez lui dans de l’esprit-de-vin, et d’avoir soin de ne les montrer qu’aux gens dont la digestion est bien faite. — La dernière oeuvre de M. Dumas fils est l’Homme-Femme, brochure parfaitement insipide, et dans laquelle l’auteur s’est révélé comme candidat de l’avenir très-sérieux au couvent de la Trappe. — Ce livre, dont le titre-amorce n’est aucunement justifié, est le plus joli galimatias que l’on puisse rêver ; la Bible y passe tout entière pour arriver à dire à l’homme que sa femme trompe : Tue-la. Cependant le succès de vente a été très-grand ; au fur et à mesure que les éditions apparaissaient aux vitrines des libraires, les femmes mariées les achetaient et les faisaient disparaître pour que leurs maris ne pussent s’en procurer un seul exemplaire.

Au physique, M. Dumas fils est de grande taille. En chartreux, il paraîtra énorme. Sa figure est moins qu’aimable, les traits sont durs, les paupières épaisses. Aucune apparence de bons sentiments sur ce visage sec, froid et en même temps sensuel. Il a l’air d’un moraliste, comme Veuillot d’un jeune premier. — On prétend qu’il a beaucoup d’ordre ; son père disait de lui qu’il avait trop de bottes pour avoir jamais de génie.

Cette prophétie est de notre goût. — Il y a dans cette nature quelque chose d’antipathique ; M. Dumas fils semble éprouver un certain bonheur à mettre à nu les ulcères et les plaies ; il vous les montre, il vous les explique, il les gratte et semble vous dire avec joie : Vous voyez bien ça, n’est-ce pas, c’est ignoble, repoussant, affreux !… Regardez cette tumeur… Tenez, dans le coin… c’est gangrené, pourri… Eh bien !… tranquillisez-vous… il n’y a pas de remède.

Juillet 1872.

NOTICE COMPLÉMENTAIRE

DATES À REMPLIR
PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE

Alexandra Dumas fils, après avoir donné au théâtre trois ou quatre pièces, où perce, — en même temps que quelques abcès purulents, — un profond dégoût de l’humanité, se retire dans un couvent le... 18..., et meurt le 19... léguant son théâtre et ses préfaces au musée Dupuytren.


PARIS. — IMP. VALLÉE, 16, RUE DU COISSANT.