Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/177

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Voilà un beau mensonge, il me semble. Mais il est passé maître dans l’art d’en faire, et quand il n’en a plus dans son sac, il en emprunte à d’autres compères.

Ainsi, dans un chapitre intitulé « Matières aspirantes », il nous met en présence de Paracelse qui affirme qu’un certain « spécifique » mystérieux a pouvoir (à une dose indéterminée d’ailleurs) d’attirer à lui (à quelle distance, on n’en sait rien) environ « cent livres de viande ». Et il ajoute : « Il est arrivé tout dernièrement qu’un spécifique de cette nature a fait remonter les poumons d’un homme dans sa bouche ; le malheureux en mourut étouffé. » Avouez que c’est un peu raide !

Primo, jamais la bouche de cet homme n’aurait pu contenir ses poumons ; son chapeau n’y eût pas suffi. — Secundo, son cœur, se trouvant aux premières loges pour déguerpir, aurait vraisemblablement commencé le mouvement, et, comme il est moins lourd que les poumons, il serait arrivé bon premier pour occuper la place. — Tertio, je mets en principe qu’un homme qui a déjà le cœur dans la bouche, n’y peut plus loger ses poumons ; il a largement son compte. Enfin, où diable ce pauvre, homme pouvait-il avoir placé la fameuse « matière aspirante » ? Dans son chapeau, je pense ? Alors,