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grossier et fantastique de l’autorité. Ils disent couramment aujourd’hui : « Ceux qui veulent modifier l’ordre établi n’ont pas le sens des réalités. » Cette consécration rituelle qu’ils imposent aux jeux factices de la mécanique légale, ils arrivent à en déformer toutes les vérités profondes : Ils réduisent l’être vivant à une formule embryonnaire de lui-même, arrêtée arbitrairement au cloisonnement national, mutilée et déracinée de l’humanité.

La force conservatrice a pour elle le poids des indifférents. Il faut fouiller impitoyablement cette plaie de l’indifférence. Il ne s’agit pas seulement du troupeau des « bons citoyens » neutres et serviles dont parlait déjà Tacite pour dire que « sans eux, rien n’irait ». Il s’agit aussi de tous ceux qui, par faiblesse intellectuelle ou par débilité morale, ou parce qu’ils se butent à quelque marotte, ne savent pas reconnaître les idées lorsqu’elles prennent pied dans la réalité et restent à l’écart, en proie à une bonne volonté informe. Il ne suffit pas d’avoir de la bonne volonté ; il ne suffit