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VIII


Les intellectuels, les écrivains, ont commis assez de fautes, accepté assez de capitulations, il y a assez de taches sur leur œuvre multiforme. Il y a assez de pactes et de liaisons avantageuses entre la production littéraire et les honneurs et l’argent. Il y a assez d’Instituts et de Sociétés domestiquées par le pouvoir et par la réaction, assez de confréries qui pèsent sur la pensée au nom de la sanglante plaisanterie de l’ordre consacré.

Il y a eu assez de servitude ou d’ignorance. Assez d’écrivains ont prêché la haine contre la haine et l’éternité de la revanche, exalté la sauvagerie et la gloire des coups et usé la vie irremplaçable, sur ces animalités. Assez de romanciers ont joué à tort et à travers avec les idées immenses, selon les fantaisies bornées ou paradoxales qui leur passaient par la tête.