Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/20

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certaines régions occupées par le domaine privé, on exigeait, par exemple, des natifs, deux à quatre kilogrammes de caoutchouc par mois ; dans l’Abir on en réclamait six et dans la Mongalla, neuf. Il fallut des décisions du tribunal de Borna pour obliger l’État, à établir un système plus régulier, qui est la loi ou plus exactement, car nous sommes en régime absolu, l’ukase du 18 novembre 1903.

En vertu de ce décret, les indigènes peuvent être soumis à des corvées qui ne doivent pas excéder 40 heures de travail par mois. Seulement, la commission, qui approuve ce système, qui trouve que cet impôt n’est pas trop lourd, qui considère que ces corvées sont légitimes, déclare en même temps que dans toutes les régions, la loi des « quarante heures » a été outrageusement violée. Quand on vous distribuera le rapport de la commission d’enquête, je vous demande d’attacher une attention spéciale — si vous ne l’avez pas fait déjà — à ce que disent les commissaires au sujet des différentes corvées imposées aux indigènes.

Elles sont de quatre espèces : l’impôt ou la corvée des arachides ; la corvée du portage ; la corvée qui oblige les indigènes à fournir des vivres et enfin, et surtout, la corvée au caoutchouc.

Je ne dirai rien de la corvée des arachides à propos de laquelle il y a eu des plaintes qui semblent avoir cessé actuellement ; mais la commission constate que les indigènes n’y sont astreints que dans une portion restreinte du territoire, dans la région des Cataractes, et que ce commerce ne rapportant aucun bénéfice à l’État, il faudra probablement remplacer cet impôt par un autre.


La corvée du portage.


En ce qui concerne la corvée du portage, je n ai pas besoin de vous rappeler les conséquences effrayantes, meurtrières qu’elle a eues, à l’époque où l’on construisait