Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/36

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des affaires étrangères à la question que je lui ai posée la semaine dernière.

J’avais demandé à l’honorable ministre s’il était vrai qu’un vice-consul de carrière belge, salarié par le gouvernement belge, était à la tête du bureau de la presse du Congo ?

L’honorable ministre m’a répondu par une longue note, dans laquelle il a parlé de choses auxquelles je n’avais même pas fait allusion.

Il résultait de cette note que les fonctionnaires du ministère des affaires étrangères qui avaient antérieurement — retenez bien ce mot, messieurs — servi l’État indépendant, n’avaient pas reçu, pendant la durée de ce service, de rétribution à charge du trésor belge.

Seulement, ajoutait-on, nous avons envoyé deux vice-consuls de carrière faire un voyage d’exploration commerciale dans les colonies anglaises de l’Afrique occidentale. Or, « le climat de la côte de Guinée a eu sur la santé du vice-consul chargé de cette exploration le plus fâcheux effet. Après avoir failli succomber à la fièvre, en Afrique, il est rentré en pays, sa santé fortement ébranlée. Il a sollicité un congé de convalescence pendant lequel il a touché son traitement, conformément aux précédents. Cet agent intelligent et très méritant sera à même de reprendre prochainement un poste à l’étranger. »

Messieurs, ceux d’entre vous qui ont lu attentivement la réponse de l’honorable ministre à ma question, ont dû se dire que M. Cattier s’était trompé, que non seulement il n’y avait pas de bureau de la presse, mais que sauf un agent en congé, personne, parmi les fonctionnaires belges, n’était salarié à la fois par l’État du Congo et par la Belgique. Seulement, ce que l’honorable ministre a oublié de dire et ce qui était cependant essentiel, c’est que le vice-consul malade ou plutôt convalescent, achevait sa convalescence dans un sanatorium situé précisément rue la Pépinière, n° 11, dans le local du Bureau de la presse de l’État du Congo !