Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/45

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« Plusieurs missionnaires présents ont déclaré que les actes d’oppression qu’ils ont dénoncés continuent à se produire et que, en dépit des recommandations de la commission d’enquête, aucune tentative sérieuse n’a été faite pour apporter un changement à l’ancien régime. Nous nous plaignons énergiquement de ce que l’on persiste à ne tenir aucun compte des appels et des témoignages portés devant les autorités.

« Nous protestons également avec énergie contre le refus persistant de vendre à nos sociétés des emplacements pour nos stations de missionnaires, contrairement aux stipulations de l’Acte général de la Conférence de Berlin. Nous avons toujours fait preuve de loyalisme vis-à-vis de l’État et nous avons supporté cette injustice, et bien d’autres, sans protester plus énergiquement, parce que nous espérions qu’il ne s’agissait que d’une situation passagère.

« Nous n’avons autre chose en vue que l’intérêt de l’humanité et le désir que les indigènes ne soient pas condamnés à disparaître de la face de la terre.

« Nous renouvelons donc notre solennelle protestation contre le terrible état de choses qui existe dans l’État du Congo, et nous faisons appel, au nom de la justice, de la liberté et de l’humanité, à tous ceux qui apprécient ces bienfaits, pour qu’ils nous aident par toutes voies légales à les assurer aux peuples du Congo.

« Confiants en Dieu tout-puissant, nous adressons au monde notre protestation et notre appel. »

Messieurs, nous n’avons pas attendu cet appel et cette protestation pour nous associer à l’œuvre de rédemption entreprise par les missionnaires. Aujourd’hui, les missionnaires catholiques et protestants sont d’accord pour déclarer que les faits qui se produisent au Congo crient vengeance au ciel. Ils font appel à votre humanité au nom de Dieu tout-puissant. Je veux croire que vous ne serez pas sourds à leur appel !

Il faut que cette réforme se fasse. Il faut que le système actuel disparaisse. Reste la question de savoir