Page:Vandervelde - Les Crimes de la colonisation capitaliste.djvu/48

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au lendemain, sans instruction préalable, sans bénéfice d’inventaire possible, sans avoir aucun renseignement précis sur la situation financière du Congo, à nous prononcer sur ce redoutable problème de l’annexion. Qui d’entre vous serait capable d’émettre, dans ces conditions, un vote conscient, un vote réfléchi ? Nous ne saurions rien ; nous ignorerions tout ; nous n’aurions pas les éléments d’appréciation, que nous réclamons pour le plus modeste projet d’intérêt local. Bien plus, nous ne saurions même pas quel serait le régime colonial qui serait appliqué à nos possessions congolaises !

Le gouvernement il est vrai, déposa, le 7 août 1901, un projet de loi sur le gouvernement des possessions coloniales éventuelles de la Belgique.

Mais, de ce projet nous n’avons plus jamais entendu parler. Il est allé rejoindre, dans les cartons de la Chambre, un autre projet, qui avait pour but de mettre les millions de la Caisse d’épargne à la disposition des entreprises exotiques du Roi. Et cependant, le gouvernement avait reconnu, à cette époque, qu’il était indispensable que la Chambre s’occupe de la reprise éventuelle du Congo. Voici ce qu’il disait dans l’exposé des motifs :

« On s’accorde à reconnaître qu’il est hautement désirable de ne laisser subsister aucune incertitude sur le régime auquel sera soumis le Congo, devenu colonie belge. Les circonstances à la suite desquelles la question de l’annexion sera posée de nouveau, ne peuvent être actuellement prévues, mais quelles qu’elles soient, la décision que les Chambres auront à prendre se trouvera grandement facilitée si, à ce moment, on est fixé sur le mode de gouvernement destiné à régir cette colonie. »

On reconnaissait donc l’urgence de cette discussion et cependant l’on a traité ce projet de loi comme on traite les projets de réformes ouvrières : jamais on n’a demandé la réunion de la section centrale.

Après cinq années, nous sommes donc exactement dans la même situation qu’en 1901 ; nous ne savons pas encore si, le jour où la reprise serait votée par la Chambre, on maintiendra l’absolutisme royal ou si l’on