Page:Variétés Tome II.djvu/187

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branle de la touche31 ; et combien que ce soit chose de dangereuse consequence de permettre aux particuliers, en une republique, d’innover aucune chose, toutesfois nous, pour aucunes bonnes causes et considerations à ce nous mouvans, permettons à un chascun et chascune d’inventer telles diversitez de branle qu’il luy plaira. Aussi advoüons les basses dances et gaillardes ; et sur tout enjoignons à ceux qui pendant les dits branles ne pourront faire l’amour de la langue, le facent de la main et des yeux.

33. Pour ce qu’il n’est en nostre puissance eslongner les guerres de nous, lorsqu’il plaira à Dieu nous les envoyer, voire que le plus du temps elles nous sont suscitées par nostre propre et particulier instinct, n’y ayant celuy de nous lequel n’ait naturellement quelque inclination à conquerre, voire appetons amasser ambitieusement, affectionnez d’autre part d’estre dits vaillans combatans, voulons que ès assaux et batteries des villes il n’y ait aucun de nos soldats qui y ait le bras engourdi, ains face ses approches hardiment, sans rien toutesfois alterer de la discipline militaire. Puis, quand la brèche sera nette et raisonnable, y entrent gayment, et, comme l’on dit, de cul et de teste, sans reboncher, comme s’exposantz à un lict d’honneur. Et neantmoins, afin qu’ils soyent tousjours tenus en haleine,


31. Nous n’avons pas trouvé celui-ci parmi ceux que décrit l’Orchésographie de Toinot-Arbeau (Tabourot). Peut-être faut-il lire branle de la torche, qui étoit l’un des plus célèbres, et où l’on ne se faisoit pas faute de baisers.