Page:Variétés Tome II.djvu/277

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


si la corde ne rompt ; si tu me croy, del tempo et de la seignoria non si da melancolia. On diroit, à te voir ainsi pasle et deffait, que tu ne manges que des ails, qui sont le poivre de ton pays de Gascongne, encores qu’en Provence on vive assez sobrement et frugalement, et que pour telle raison la saignée et phlebotomie ne soit pas tant en usage qu’à Paris, où nos chirurgiens viennent tant seulement pour mieux apprendre l’anatomie. Je me suis accoustumé à la façon de vivre des autres ; j’ai retenu ce proverbe italien : Secondo che tu ti senti socca di denti. J’estens plus de nappe maintenant que j’ay plus de table et que ma bourse s’enfle, outre que de mon naturel j’ayme extremement à faire bonne chère et gros feu. Je me plais à porter la devise des enfans de Lyon : Le dos au feu, le ventre à table, et une escuèle bien profonde. Ma carogne de femme a beau me dire : Aujourd’hui bon, demain meilleur, nous font bientost monstrer le cul. Je n’y sçaurois que faire, tous les mestiers qui ont le C pour la première lettre de leur nom, comme cochers, charretiers, cuisiniers, crocheteurs, prennent, selon l’ordre de l’alphabet, la suivante, qui est D, debauché, drolle, etc.



par une inondation, on l’appeloit le Pont-aux-Colombes ou à Coulons, ou bien le Pont-aux-Meuniers, à cause des moulins accrochés sous ses arches. G. Marchand, qui acheva de le reconstruire en 1606, lui donna son nom ; mais le peuple l’appela de préférence Pont-aux-Oiseaux, soit à cause des oiseliers et poulaillers, très nombreux sur le quai voisin, soit plutôt parceque chaque maison avoit pour enseigne un oiseau peint sur un cartouche.