Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/34

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est mon génie, et de quoi je suis capable, il aurait la bonté de me pardonner les fautes qui pourrait m’échapper à cet égard, persuadé qu’il est que mon cœur n’y aurait point de part. Je suis si peu connu de vous, Monseigneur, que je n’ose m’en promettre la même grâce ; je brûle cependant du désir de vous plaire ; et ce que je prend la liberté de vous présenter, en est une preuve évidente. Vous n’en trouverez pas le style fleuri ni éloquent, mais très-simple, et d’un homme qui, n’ayant point d’étude, cherche à se faire entendre du mieux qu’il peut. Trop heureux si je puis rendre assez intelligible pour que vous ne soyer pas ennuyé de sa lecture. Tel qu’il est, c’est le précis de ce que j’ai pu recueillir et imaginer de mieux depuis cinquante ans et plus, que je pratique la fortification, pendant lequel temps il m’a passé presque autant de sièges par les mains, dont partie sous les yeux du Roi même ; une autre sous ceux de Monseigneur[1] ; et un seulement[2] sous l’honneur de vos ordres, qui véritablement n’a pas été un des moindres ; d’ailleurs, j’espère de n’en pas demeurer là. La grace que j’ose vous demander, Monseigneur, est de vouloir donner bien vous donner la peine de lire ce Traité avec attention, et qu’il vous plaise de le garder pour

  1. Louis, Dauphin, père du duc de Bourgogne ; mort en 1711.
  2. Celui du Vieux-Brisach, en 1703.