Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/73

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Soudain, farouche et haletant
Un battement d’ailes s’entend
Là-haut.
Ce sont les clairs et mantelés vanneaux
Qui s’exaltent, avec des cris,
Au-dessus de leurs nids
Dissimulés à peine,
À fleur du sol, parmi la mousse et les troènes.

Et voici d’autres cris et voici d’autres ailes
Qui s’élèvent et retombent continuelles,
Avec leur ombre ouverte ou refermée,
Sur la grève aplanie et les vagues calmées.
Et les courlis cendrés et les noirs cormorans,
Et la mer d’or qui les reflète ;
Et puis au loin, le vol en fête
Des pailles-en-queue et des mouettes
Qui s’effeuille, ainsi qu’un bouquet blanc,
Dans l’air étincelant.

Et les vagues qui continuent autour du monde,
Immensément et sans repos,
Sous la clarté miroitante et profonde,
Le rythme ailé de ces oiseaux.