Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/101

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




CLAIRE


C’est donc par désespoir que tu soutiens mon homme


HAINEAU


Qu’importe.

(Prenant son bâton et son chapeau et s’apprêtant à partir).

Adieu, tu sais maintenant ce que tu dois connaître…
Quand Hérénien descendra, prépare-le à me revoir.

Il sort. — Nouvelle tempête de huées et de cris. Hérénien entre.



CLAIRE, (indiquant la foule)


Faut-il que les gens soient mauvais pour que les meilleurs
deviennent si aisément féroces.


HÉRÉNIEN


Prends patience, va. Je suis tenace comme ce paysan qui fut mon père. Hier, ces cris me poursuivaient à travers la maison close, ils battaient les murs de haut en bas, de la cave au grenier, partout, comme des tocsins. Je sentais la colère monter, j’aurais voulu les étouffer,