Page:Verhaeren - Les Flammes hautes, 1917.pdf/43

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Les soirs, quand ma ferveur s’en allait à confesse,
Mon être était si fort soulevé par sa foi
Qu’à travers l’infini, il dardait jusqu’à toi
Le haut brasier d’amour dont brûlait sa jeunesse.

J’étais si simple et pur, si humble et clair, Seigneur !
Je faisais tant pour mériter un peu ta grâce,
Et j’effaçais avec mes pleurs la moindre trace
Que le mal aurait pu imprimer dans mon cœur.

Je croyais que le ciel, que l’air et que la terre
Jusqu’au fond de l’abîme étaient pleins de mon Dieu,
Que les siècles marchaient à son geste de feu
Et que son pas sonnait dans leur pas centenaire.

Tu dominais, Seigneur, sur l’heure et sur l’instant ;
Dans chaque aurore neuve, on surprenait ta gloire ;
Quoi qu’on dît, je ne voulais penser ni croire
Que ta présence, un jour, me quitterait. Pourtant,