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voyage en france par un français

faillantes que tous, même les saints, ont connues jusqu’au terme de leur vie terrestre. Le mauvais exemple tombant de si haut ne pouvait qu’être rapidement contagieux. Aussi le refroidissement fut prodigieux. Cures et aumôneries, occupées par des prêtres imbus pour la plupart de ces maximes, ne faisaient presque plus œuvre apostolique et les Grégoire, les Siéyès n’étaient pas les pires entre ces étranges pasteurs des âmes. Les collèges, presque tous aux mains des Oratoriens dégénérés, fourmillaient de professeurs mal croyants ; les Daunou et tant d’autres avaient en vérité bien d’autres soucis que d’enseigner bonnement la vertu et la science à une jeunesse déjà rebelle, comme eussent fait ces pauvres Jésuites tant honnis. Envahis eux-mêmes d’heure en heure par le scepticisme, sans autre défense contre l’incrédulité montante qu’un refuge impossible sur un calvaire désolé, hérissé d’épines, où les Jansénistes de la première heure avaient crucifié un « Christ » aux yeux obstinément tournés vers le Père irrité, aux bras levés au ciel d’où il semblait regretter d’être descendu, ces Oratoriens, ces prêtres de ville et de campagne dont les études théologiques étaient si faussées, élevés dans le respect forcé de l’Etat presqu’à l’exclusion de l’obéissance due au Siège de Pierre, tout naturelle-