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voyage en france par un français

Catholique seule, pouvait faire pour l’ordre moral et même matériel en France, — mais du moins elle en dépendrait le moins possible, et pour cela, entre autres mille précautions « gallicanes », le rusé Corse se garda bien d’omettre soigneusement, dans la nouvelle organisation des milices saintes, les congrégations religieuses, avant et arrière-garde du clergé séculier, et l’on vient de voir à quoi cette omission peut servir en des mains scélérates. L’épiscopat se voyait presque assimilé au fonctionnarisme et sujet à mille contraintes mesquines. Le « culte » — d’ailleurs « salarié » chichement, de compagnie avec l’hérésie et le déicide, n’était dans l’esprit du maître qu’une pièce de ce vaste empire dont il avait fait le plus puissant des engins de guerre, et si ce maître se voyait forcé d’admettre le Pape comme arbre de couche et les cardinaux du Sacré Collège comme gonds, c’est le cas de le dire, il entendait avoir la haute main sur eux et faire se mouvoir l’Eglise dans l’Etat, à la façon d’un mécanicien, ni plus ni moins ! Le nouveau clergé, composé d’éléments hétérogènes, pauvre, inexpérimenté, qui avait à assumer cette tâche devant Dieu, la restauration de l’Eglise française et l’éducation d’un peuple à demi-sauvage, mal rétribué, non encouragé mais au contraire harcelé de soup-