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voyage en france par un français

et souhaite de toutes ses forces leur retour glorieux, leur à jamais bénie réconciliation.

Hélas ! je les connais, étant français, ces ouvriers hors de Dieu, qu’une affreuse habitude d’indifférence, — crime de l’éducation, enrage au travail défendu, je les connais, vivant auprès d’eux, presque avec eux, je les estime pour leur courage en semaine, et je plains leur ignorance de ce que c’est que le Dimanche, ignorance meurtrière qui fait de ce jour, en France, un hideux phénomène, une lugubre curiosité pour l’étranger — quelconque ! — voyageant ici.

Il y avait une loi sur le travail du Dimanche, loi d’ailleurs abrogée naguère par les gens que Ton sait, mais, du fait de cette ignorance nationale, elle se trouvait scandaleusement violée par un peuple si souple d’ordinaire et qui se plie à toute servitude. Le seul souci resté au cœur français, s’enrichir, et la non-confiance en un Dieu presque inconnu, avaient rayé de notre vie cette vivifiante, seule vivifiante chose, le respect du Dimanche. — « Le temps se couvre. Aux champs ! Femme, fais la soupe pour midi juste. Nous repartirons après que les chevaux auront mangé. » — « Une bonne noce lundi. C’est Lacoterie qui régale. On va rien travailler, dimanche ! »

Et cela se fait hebdomadairement dans une