Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/237

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souvenirs

Une vaste église a été tout récemment édifiée en l’honneur de Notre-Dame des Ardents et de la « Sainte Chandelle », aux frais de pieux particuliers. Cette église de briques et de pierres est d’un élégant effet. Par une coïncidence assez curieuse elle est due à un architecte nommé Normand, comme l’un des héros de la légende glorifiée par l’Eglise. L’intérieur est riche et sérieusement de bon goût. Une statue de Notre-Dame des Ardents, œuvre d’un jeune artiste arrageois, M. Noël, s’élève sur le maître autel. Délicate et sobrement archaïque, elle rappelle l’époque du miracle et s’harmonise à merveille avec l’architecture romane, de la dernière période, de l’église même. La Confrérie dont il est question dans le récit du vieil auteur, après avoir langui dans la tiédeur du XVIIIe siècle, disparut à la Révolution. Des soins indispensables et élémentaires requirent trop légitimement les évêques qui se succédèrent sur le siège d’Arras après cette funeste période pour qu’ils pussent s’occuper efficacement de cette oeuvre, merveilleuse d’ailleurs, de surérogation. Mgr Lequette eut la gloire de restaurer à la fois culte et confrérie. Le saint Cierge et sa custode sont conservés dans l’église nouvelle. Une cage de bronze doré, d’un remarquable caractère d’archaïque solidité, renferme la relique, devant la-